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Entrevue avec Mélissa Désormeaux-Poulin

Mélissa Désormeaux-Poulin

Mélissa Désormeaux-Poulin

Publié le 16 Septembre 2009
Publié le 30 Juin 2011

Il y en a pour qui le choix de carrière est le fruit d’une longue réflexion. Il y en a d’autre pour qui c’est instinctif, voire inconscient. Mélissa Désormeaux-Poulin appartient indéniablement à la deuxième catégorie. Normal, puisqu’à 4 ans elle avait déjà fait son choix. Bon, elle n’était pas consciente que sa manie de créer des personnages et des pièces de théâtre était un métier en soi. Mais deux ans plus tard, elle recevait son premier chèque de paie en tant que comédienne. Depuis, le jeu est sa passion et le choix qu’elle a fait pour gagner sa vie.

Sujets :
Interdec , Toronto , Canal Famille , Jordanie

« Une agence de casting faisait le tour des écoles de danse pour recruter de jeunes talents. Je suis allée les voir sans avertir mes parents. Deux jours plus tard, ils reçoivent un appel et apprennent que je suis convoquée en audition pour une publicité. Ils se demandaient ce qui se passait », se souvient Mélissa. Même si elle n’a pas conservé les copies vidéo de ses premiers contrats, la comédienne garde en mémoire ces instants précieux. Comme cette publicité pour laquelle elle a dû faire un tournage à Toronto : « Ils sont venus me chercher en limousine à la maison! C’était irréel pour moi.  Et ce l’était vraiment, parce que malheureusement depuis, je n’ai plus jamais vécu ça à nouveau », s’esclaffe Mélissa Désormeaux-Poulin.  Dans l’ordre naturel des choses pour les enfants-comédiens, après les publicités viennent les contrats dans les téléromans. C’est ainsi que Mélissa est devenue la fille du couple incarné par Antoine Durand et Danielle Proulx dans le téléroman Jamais deux sans toi. Elle n’a pas chômé, sacrifiant même ses vacances d’été pour jouer dans une émission pour enfants au Canal Famille, Une faim de Loup. « À l’adolescence, j’ai enchaîné plusieurs téléromans La part des anges, Emma, Grande Ourse, Asbestos. Ç’a été tellement de travail qu’en secondaire 5, je pense que j’ai cumulé 125 journées d’absence! », se souvient-elle. La comédienne a réussi à combiner le travail et les études en éclipsant les cours d’éducation physique de son horaire pour les remplacer par du rattrapage scolaire.

Aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte

Malgré un parcours qui semble sans faille, Mélissa a connu une dernière année au secondaire plus difficile que les autres « Je me rappelle qu’il y a eu une période creuse, comme c’est souvent le cas pour les enfants-comédiens. Je n’étais plus une adolescente, les directeurs de casting ne me voyaient pas encore comme femme. Il fallait me laisser le temps de grandir », explique Mélissa. Elle a profité de cette pause pour suivre un cours en maquillage artistique au collège Interdec. « Les effets spéciaux m’intéressaient beaucoup, alors j’ai tenté le coup ». Cette assurance d’avoir un plan B a eu pour effet de confirmer le choix de carrière de Mélissa, qu’elle qualifie comme un besoin : « Il y a un bon et un mauvais côté à être passionnée. Je sais que je pourrais être heureuse en faisant autre chose que comédienne. Mais je ne serais jamais aussi heureuse que lorsque je joue un personnage! »

À vos marques

Alors que certains comédiens craignent d’être étiquetés acteur jeunesse et évitent les rôles de cette catégorie, Mélissa Désormeaux-Poulin considère À vos marques... party! comme un déclencheur « Incarner Gaby sur grand écran m’a ouvert les portes du cinéma », affirme la comédienne qui considère que les choses n’ont jamais aussi bien été pour elle depuis ce tournage. Depuis, on a pu la voir dans Dédé à travers les brumes et bientôt dans Incendies, le film de Denis Villeneuve. « On a tourné en Jordanie! J’ai eu la chance de visiter le pays. C’est écoeurant de voyager pour son job! »

De cette entrevue accordée à Mode d’emploi, on retiendra l’énergie contagieuse de Mélissa. Même quand elle évoque son mini regret de ne pas avoir fait de grandes écoles de théâtre, elle se rattrape rapidement en acceptant son parcours tel qu’il est et en remerciant la vie pour tous les bonheurs qu’elle connaît. La venue d’un bébé dans les dernières années n’est pas étrangère à cette philosophie. Parce qu’après tout, il n’y a pas que le boulot dans la vie! ME

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