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"L'intimidation se nourrit par le silence!"

En février, ne ratez pas le dossier Comment ne pas succomber aux pièges des réseaux sociaux!

En février, ne ratez pas le dossier Comment ne pas succomber aux pièges des réseaux sociaux!

Publié le 12 Janvier 2012
Publié le 12 Janvier 2012
Isabelle St-Jean  RSS Feed

Il était difficile de ne pas parler d’intimidation. Étant donné que le magazine Mode d’emploi est distribué principalement dans les écoles, ce sujet ne pouvait passer sous silence. Bien que l’intimidation ait connu une grande vague médiatique à la fin de l’année 2011, la formatrice de Tel-Jeunes, Christelle Charbonneau, affirme que ce n’est pas un nouveau phénomène dans nos écoles. Par contre, le simple fait d’en parler améliore déjà la situation!

«Il n’y a pas plus d’intimidation dans les écoles, mais il y a plus de formes, comme la cyberintimidation, maintenant », explique Christelle Charbonneau. Christelle Charbonneau est formatrice pour la fondation Tel-Jeunes. Son rôle est de se déplacer dans les écoles pour sensibiliser les jeunes, les professeurs et les parents à l’intimidation. « Je donne des formations sous forme d’ateliers. Nous envoyons nos programmes en début d’année dans les établissements scolaires et la direction de certaines écoles prend ce sujet très à cœur. Une fois sur place, j’ai le mandat de sensibiliser le personnel et les jeunes entre autres en ce qui a trait à l’intimidation. »

Qu’est-ce que concrètement l’intimidation?

Tout d’abord, un unique geste de violence ou une parole blessante, ce n’est pas considéré comme de l’intimidation. « Les facteurs décrits sont comme étant des gestes à caractère répétitif. Il y a également un rapport de force inégale. Souvent, lorsque l’on est témoin ou que l’on vit de l’intimidation, c’est un groupe qui s’acharne sur une seule personne. Il y a également des techniques de chantage qui sont utilisées. Par exemple, si une personne possède une photo de quelqu’un et que l’autre préfère ne pas la montrer, ceci est un exemple d’une force inégale. »

La formatrice spécifie qu’en général, on remarque l’intimidation en cinquième et sixième année du primaire ainsi que pendant les deux premières années du secondaire. « Il y en a aussi avant et après cette période, mais les adolescents sont un peu à la quête de la connaissance de soi et le regard des pairs est très important pour eux à l’entrée du secondaire. »

Le problème existe, mais les solutions aussi!

La formatrice use de différentes techniques d’intervention pour sensibiliser les victimes, mais aussi les témoins de ces évènements. « Lorsque je rencontre une victime d’intimidation, j’évalue l’estime de soi de la personne. À force de se faire répéter toujours les mêmes insultes, exemple, « Tu es grosse! », « Tu ne sais pas comment t’habiller! », certaines personnes peuvent finir par se rabaisser et croire ce que les autres lui disent. C’est la raison pour laquelle l’estime de soi est très importante afin que l’adolescent ne se diminue pas. »

Le regard des autres est une chose dont les adolescents se soucient beaucoup lors de leur entrée à l’école secondaire. Une autre technique d’intervention à laquelle Christelle fait appel est de voir la capacité d’affirmation de l’ado. « Certains utilisent le sens de l’humour pour se sortir de situations embarrassantes, d’autres vont dire directement ce qu’ils ressentent. Ou encore, certains ont la force d’ignorer totalement ces insultes. Cependant, notre objectif est d’éviter que la victime cherche à se venger. Tout dépend de la personnalité des jeunes! » Les personnes qui subissent de l’intimidation sont en général des personnes seules. C’est pourquoi l’un des premiers réflexes à développer lorsque l’ado subit cette situation est d’aller chercher de l’aide auprès de ses amis. Les amis sont considérés comme des alliés, étant donné qu’il ne faut surtout pas s’isoler et cautionner la loi du plus fort. « Vu que dans la définition de l’intimidation, il y a un rapport d’inégalité, c’est important de se garder entouré et ne pas avoir peur d’en parler à ses amis. S’inscrire à des activités scolaires peut notamment aider à se créer un cercle d’amis. Cependant, si la personne est brutalisée ou si sa sécurité est compromise, il faut aller en parler à un adulte de confiance à l’école ou à la maison! »

Christelle poursuit en mentionnant qu’il n’y a toujours pas de recette magique pour régler ce type de situation, mais qu’il y a cependant certaines préventions possibles. « Les jeunes peuvent opter pour un comportement plus préventif, comme ne pas divulguer le mot de passe de leur compte Facebook, ne pas s’isoler, éviter certains endroits où ils craignent de subir de l’intimidation. »

Et l’implication dans tout cela?

Ce sont principalement les étudiants qui sont concernés, mais les témoins de ces évènements doivent également se sentir impliqués. Des formations s’adressant aux professeurs sont notamment offertes par Tel-Jeunes. Ceux-ci doivent être en mesure de ne pas accepter des gestes ou des paroles irrespectueuses. « Parfois, c’est difficile pour les professeurs de gérer les comportements des élèves. Ils peuvent aussi recommander la victime à une personne-ressource s’ils ne se sentent pas à l’aise d’intervenir. Je sais par contre que les écoles ont désormais des codes inscrits à l’agenda qui sont lus en début d’année dans les classes. »

Pour ce qui est du rôle des parents, la formatrice leur suggère d’être à l’affût du comportement de leur enfant. A-t-il un cercle d’amis? A-t-il connu une baisse dans les résultats scolaires? A-t-il tendance à se diminuer? Toutes ces questions peuvent être un signe qu’il vit de l’intimidation à l’école. « Ce qui est primordial aussi est que le parent rassure l’enfant sur l’aide qu’il va lui apporter. Souvent, les adolescents ont peur que leur parent arrive à l’école pour tenter d’arranger les choses, mais il est préférable de responsabiliser l’enfant en l’accompagnant dans ses démarches. Il faut que le parent soit à l’écoute des besoins de l’ado. »

La cyberintimidation

Désormais, la cyberintimidation est une autre forme remarquée auprès des étudiants. « Actuellement, nous travaillons à mettre sur pied une formation qui sera disponible en janvier prochain : elle permettra de sensibiliser les jeunes et les adultes aux conséquences des réseaux sociaux. Désormais, plusieurs sites Internet permettent de dénoncer les courriers désagréables. Par ailleurs, les policiers sont de plus en plus actifs sur le web. »

Y a-t-il plus d’intimidation dans nos écoles?

Selon Christelle Charbonneau, il n’y a pas plus d’intimidation dans les écoles, mais avec le temps, elle s’est développée sous différentes formes. Par contre, il y a de plus en plus de prévention qui se fait dans les établissements scolaires. « Il y a également des policiers qui travaillent en collaboration avec la direction des écoles et Tel-Jeunes est évidemment un moyen de trouver des solutions à ses problèmes. Les jeunes prennent de plus en plus la parole aussi. C’est important d’en parler, parce que c’est lorsque l’on va cesser que la situation va se détériorer! »

 

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