Même chose pour le mot budget. Celui-ci est trop souvent associé aux mots «discipline» et «restriction» pour être intéressant. Encore là, des mots «plates». Pas cool.
Pourtant, prendre soin de sa santé est cool. Aller au gym, faire de l’exercice et bien manger (avec parfois quelques excès…), c’est «à la mode». Nous nous achetons des tapis de yoga, nous prenons un abonnement pour un gym : pourquoi prendre soin de sa santé financière n’est-il pas un acte dont nous pouvons tirer une certaine fierté? Pourquoi ne nous vantons-nous donc jamais d’avoir un bon coussin pour les imprévus comme nous nous vantons de faire 5 km de jogging ou d’appartenir à une équipe sportive?
Autant se l’avouer tout de suite : nous vivons dans un monde de consommation. Depuis environ 70 ans, l’économie québécoise s’est transformée pour subvenir aux besoins des consommateurs ayant un plus grand pouvoir d’achat, pour finalement aboutir à une sorte de roue infernale où, pour subvenir à leur propre économie, ces consommateurs sont encouragés à dépenser. Il n’y a qu’à penser au nombre exponentiel de publicités que nous voyons chaque jour!
Et l’étudiant dans tout ça? De plus en plus, il se doit de travailler pour joindre les deux bouts. Pour payer ses études, bien sûr, et tout ce qui vient avec : livres, appartement... Le problème est qu’il se retrouve avec de l’argent, donc un pouvoir d’achat. Et qu’il n’utilise pas nécessairement ce «pouvoir d’achat» à bon escient… «Je dépense, donc je suis.» Ouch!!!
Habitués à vivre dans le monde du «acheter maintenant, payer plus tard», les étudiants ont de la difficulté à établir un budget, épargner, et faire des choix éclairés sur leur consommation. Parce qu’ils sont moins expérimentés, mais surtout parce que l’accès au crédit leur est très facile, et parce qu’ils ne sont pas informés. On dirait que personne ne leur a montré à gérer leurs avoirs. Même les publicités sur l’épargne ciblent très peu les jeunes adultes : elles sont principalement créées pour les travailleurs et les futurs retraités. Au-delà du «bof, pas grave, j’épargnerai quand j’aurai fini mes études», peu d’étudiants se sont fait expliquer, dans un langage clair, la différence entre un REER, un fonds de placement et une marge de crédit. Il est donc normal que peu d’entre eux sachent faire un budget réaliste et épargnent en cas d’imprévu et pour leurs vieux jours...
Nous étudiants sont champions pour ce qui est d’absorber de nouvelles informations. Pourquoi ne pas leur montrer à épargner? Avec leur rapidité d’apprentissage supérieure à celle de bien des adultes, ils deviendraient rapidement des experts! Et épargner deviendrait subitement plus cool…

